Que faire après le BAC II ?

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Que faire après le BAC II ?

Les résultats du Baccalauréat 2ème partie (BAC II) sont tombés ce mercredi sur toute l’étendue du territoire national aux alentours de 8 heures GMT. Le taux de réussite au Bac 2 est de 44,38%, en léger recul par rapport à l’année précédente (49,11%).

Sur les 73.405 candidats qui se sont présentés à cet examen seulement 32.579 sont sortis du lot. Le Baccalauréat 2ème partie (BAC II) conclut le cursus du lycée et ouvre aux récipiendaires la porte des universités publiques comme privés.

La grande question que se pose bon nombre des nouveaux bacheliers, c’est « Que faire ? Quelle faculté choisir ? ». Cette épineuse question d’orientation est sans doute la principale cause de l’échec de plusieurs étudiants à l’université.

Pour permettre à ces derniers de faire un choix judicieux en termes de faculté, de département ou encore de filière, la rédaction de Campus-Togo est allée interroger un psychologue de l’éducation et de la formation et conseiller en orientation. Il s’agit di sieur Yakou Samuel.

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Campus-Togo : Bonjour Monsieur Samuel Yakou

Samuel Yakou : Bonjour

Campus-Togo : Bonjour Monsieur Samuel Yakou, présentez-vous à nos lecteurs s’il vous plait ?

Samuel Yakou : Je suis Yakou Samuel, psychologue de l’éducation et de la formation, je suis conseiller d’orientation et j’ai un doctorat à l’Université de Lomé.

Campus-Togo : Votre jeune frère vient d’avoir le BAC II, que lui diriez-vous ?

Samuel Yakou : D’abord il faut le féliciter et comme toutes réussites après le BAC II c’est la joie, il faut se réjouir mais la vie ne s’arrête pas là. C’est maintenant même que les études commencent parce que les études universitaires sont plus complexes car il faut déjà commencer à penser à ce qu’il faut faire à l’université.

Campus-Togo : Les résultats du BAC II viennent d’être proclamés, vos impressions ?

Samuel Yakou : Les résultats de façon générale et selon le contexte togolais, on peut dire que c’est un peu bien par rapport à l’année dernière. Cette année il y a eu du recul au niveau des résultats du BAC II mais ce n’est pas tout de même alarmant par rapport aux autres années aussi. L’année passée, on a eu un taux assez élevé. Le BAC II au Togo il faut reconnaitre que c’est autre chose comparé aux BAC des pays voisins même voir de l’occident où on a jusqu’à 80% comme taux de réussite. Mais quand au Togo, on arrive déjà à franchir la barre des 40%, je pense que c’est quand même à féliciter.

Campus-Togo : Je suis nouveau bachelier et je viens vers vous en tant que conseiller en orientation, quel conseil me donneriez-vous ?

Samuel Yakou : Après le BAC II, si un bachelier vient vers moi pour avoir des informations pour son orientation, d’abord il faut le féliciter et l’encourager parce qu’il a pris une bonne décision en allant vers une personne ressource afin que ce dernier puisse l’aider à faire un choix judicieux.

La première des choses c’est de passer l’information et cette information consiste à lui montrer une panoplie de formation qui existe dans les universités publiques comme privées et les débouchés qui en découle et par rapport à sa série peut être accentué sur une formation liée au type de BAC reçu.

L’orientation ne se limite pas seulement à l’information parce que pour choisir une série, il ne faut pas seulement tenir compte de l’information mais aller au-delà de celui-ci, c’est pourquoi le conseiller d’orientation n’est pas seulement là pour informer mais aussi pour aider le bachelier ou le consultant à faire un choix judicieux et pour pouvoir l’aider il faut un entretien d’aide à l’orientation qui consiste à faire une exploration de la personnalité du bachelier, connaitre ses goûts, ses intérêts, ses besoins et ses aptitudes. Ce n’est qu’en fonction de ça qu’on peut le conseiller puisqu’il y a des gens qui viennent déjà avec un choix, je veux faire telle donc je voudrais voir si je peux vraiment réussir dans ce domaine et après exploration nous passons au test de personnalité pour voir un peu son profil par rapport à ce qu’il veut faire voir s’il y a une concordance entre son profil et la formation, concordance également au niveau des ses aptitudes.

A côtés de ça, il y a aussi la compétence qui n’est que les notes reçues. Mais malheureusement à l’université de Lomé, on met plus l’accent sur les notes parce qu’il n’y a pour cette pléthore d’étudiants un seul conseiller d’orientation et donc ce n’est pas évident qu’il puisse les recevoir tous en entretient d’orientation pour explorer leur personnalité donc on se limite uniquement au note pour pouvoir orienter alors que l’orientation ne se limite pas seulement aux notes mais c’est juste un facteur parce que tu peux avoir les compétences dans un domaine et ne pas aimer exercer dans ce domaine là.

Je donne un exemple banal, si tu es très bien en Mathématique et en Physique donc tu peux réussir en médecine alors tu postules sans même rencontré un conseiller et on t’accepte tu finis et tu te rends compte que pour exercer cette profession tu dois être familier au sang et autres or que tu n’es pas habituer à voir le sang malgré que tu as belle et bien réussit tes études. Donc avec un entretient d’aide à l’orientation on t’informe dès le départ pour te faire découvrir tes goûts, tes aptitudes, tes besoins et c’est en fonction de cela que tu peux choisir. Dès fois quand ils arrivent lorsque nous leur faisons l’exploration, il y a en qui sont flexible et comprennent et change donc nous les conseillons et ils réussissent mais certains viennent avec des positions, ils sont figés et quand ils vont c’est la croix et la bannière donc avec le système LMD, ils restent pendant des années même s’ils n’arrivent pas à valider ils vont trainer alors que dans le système classique, en 2 ans quand cela ne va pas on revient pour choisir une autre faculté.

Campus-Togo : Y a-t-il selon vous des domaines porteurs vers lesquels les nouveaux bacheliers doivent-ils se diriger pour ne pas se retrouver au chômage ?

Samuel Yakou : Oui par rapport aux domaines porteurs, quand vous allez au niveau de l’Agence nationale pour l’emploi (ANPE), ils ont fait des recherches qui ont permis d’élaborer des domaines porteurs qui si aujourd’hui on s’oriente vers là on ne va pas chômer. Je reste toujours sceptique par rapport à cela parce qu’il n’y a pas une étude en tant que telle sur le terrain pour évaluer ce qui fait que quand je vois ces métiers porteurs, je me pose cette question, est-ce-que dans 10 ans ces métiers seront-ils encore porteurs quand les gens vont s’acharner là-dessus.

Il faut une étude bien détaillé pour ces domaines porteurs qui sont entre autres, l’agriculture, le tourisme, le transport et logistique et ça c’est en fonction des besoins de l’état, puisqu’en voyant la nouvelle aérogare et le Port avec les investissements, on se dit que dans 2 ans on aura besoin de main d’œuvre dans ces domaines.

En agriculture, on dit souvent la terre ne ment pas donc nous avons beaucoup de terre qui ne sont pas exploités or qu’il reste un domaine très porteur et si les étudiants se hâtent vers là, ils n’auront pas de problème mais cela ne veut pas dire qu’il faut tous aller là-bas, tous le monde ne peut pas être agriculteurs. Dans tous les domaines, on en cherche mais avant il faut avoir les compétences nécessaires. Tu finis tes études dans un domaine donné, s’il y a les compétences on t’embauche.

Campus-Togo : Pourquoi les étudiants passent beaucoup de temps dans les facultés avant d’avoir au mois la licence, est-ce dû à un problème d’orientation ?

Samuel Yakou : Oui le facteur orientation peut être source d’échec pour les étudiants, il y a de cela une semaine qu’une recherche de doctorat a porté sur les caractéristiques des échecs à l’univeristé de Lomé. Une recherche qui a montré que les étudiants passent en moyenne 4 ans avant d’avoir la licence. Et c’est sur un échantillon de 825 étudiants, on s’est rendu compte qu’il faut en moyenne 4 ans pour avoir la licence mais quand on va élargir à toute l’université on ira jusqu’à 6 voir 7 ans.

Donc cela est dû à une orientation mal faite, puisque aujourd’hui quand les gens arrivent à l’université après le BAC, on se dit c’est mon ami on a fait ensemble le lycée il veut faire ceci donc moi aussi je fais la même chose ce que nous appelons le suivisme. Tu iras t’inscrire dans un domaine or que tu n’a pas les compétences et les aptitudes requis et souvent on traine et à la fin on n’a pas le diplôme.

Nous accusons tous le LMD car il fait trainer mais le LMD dans son application connait des couacs parce que le Togo n’avait pas tous les moyens pour l’appliquer mais il faut reconnaitre que quand on choisit mal, il est très difficile de s’en sortir mais ceux qui ont bien choisi s’en sorte facilement raison pour laquelle nous demandons aux parents de ne pas imposer les facultés aux enfants.

Je n’aime pas la matière, on me dit d’aller faire ça donc je vais aller perdre le temps puisque je n’ai pas le goût, pas d’intérêt à la chose pour prouver aux parents que sachent que je ne suis pas bien pour cela. C’est facteur très prépondérant dans la réussite des étudiants à l’université.

Campus-Togo : Comment choisir sa faculté ou son département alors ?

Samuel Yakou : Un seul conseil, aujourd’hui avec le centre national d’information et d’orientation professionnel, ils seront tous orientés. Il y a une quarantaine de conseiller en orientation qui sont disponible et c’est gratuit. Il suffit d’y aller et de demander à rencontrer un conseiller, ils font un entretient et on leur donne toutes les informations possibles.

On leur fera même le test pour voir leur profil et les conseiller à choisir une faculté. Il y a aussi des cabinets privé (CEPID) qui sont vraiment très actifs en matière d’orientation sur le terrain. Pour information, le cabinet CEPID organise pour une semaine des entretient d’orientation à Agoé. Ils recevront les nouveaux brevetés et les bacheliers pour les aider à choisir une formation adéquate à leur profil.

Campus-Togo : Quel est l’importance de l’orientation dans le démarrage des études universitaires pour le nouveau bachelier ?

Samuel Yakou : L’orientation est au cœur de la réussite, c’est-à-dire que quand on parle de réussite éducative ce n’est pas seulement les diplômes mais une fois avoir eu les diplômes il faut une insertion professionnelle parce que aujourd’hui on se contente juste de la réussite scolaire, j’ai mon diplôme et puis c’est bon car pour l’insertion professionnelle ça devient plus compliqué parce que la formation n’est pas en adéquation avec le besoin ou l’offre sur le terrain.

Donc aujourd’hui, pour réussir son cursus universitaire, il faut faire un choix judicieux et il faut mûrir ses idées, ne pas faire du suivisme, ne pas choisir parce qu’il faut choisir mais le faire de façon judicieuse en se faisant assister par un conseiller d’orientation pour s’informer d’avantage et une fois la faculté choisi c’est vrai que l’université c’est un autre monde puisque au lycée on est encadré or qu’à l’université on es libre on vient au cours quand bon nous semble et on abuse de cette liberté qui devient du libertinage et à la fin quand on affiche les résultats on ne voit rien.

Les vraies études commencent à l’université parce que là on devient son propre encadreur et avec le système LMD, vous êtes libre de faire des recherches et le travail personnel est fondamental dans la réussite universitaire.

Campus-Togo : Un mot à placé à l’endroit des nouveaux bacheliers ?

Samuel Yakou : Je dis félicitation aux nouveaux bacheliers et bravo pour le BAC mais en même temps leur dire que c’est maintenant la route devient long, il faut en même temps préparer la rentrée universitaire, chercher les informations et c’est pourquoi en orientation nous disons que l’étudiant doit être proactif en allant vers l’information parce que s’il faut attendre l’information, ce serait très tard donc déjà faut chercher les informations par rapport aux facultés, qu’est-ce-que on fait, qu’est-ce-que on devient demain et c’est à partir de ces informations là qu’il peut faire un choix judicieux pour pouvoir réussir les études universitaires.

Propos recueillis et transcrit par Ninho Ninhal K.

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