Université de Lomé : Lancement du projet CRISP-Togo pour renforcer les cantines scolaires
L’Université de Lomé a officiellement lancé le projet CRISP-UL Togo, une initiative destinée à améliorer l’approvisionnement des cantines scolaires en produits locaux.
Mis en œuvre en partenariat avec le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI) du Canada, le projet entend transformer durablement les systèmes d’alimentation scolaire au Togo, en plaçant la résilience, l’inclusion sociale et la durabilité au cœur de son action.
Un enjeu national, une mobilisation multi-acteurs
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le professeur Komlan Batawila, premier vice-président de l’Université de Lomé, représentant le président de l’institution. À ses côtés figuraient la coordonnatrice du projet, Dr Kanda Madjouma, et M. Kodjo Amétépé, représentant la présidente du Comité interministériel pour l’alimentation scolaire (CIMAS).
L’atelier a réuni une cinquantaine de participants issus du monde académique, des ministères techniques, des collectivités territoriales, des partenaires techniques et financiers, ainsi que des organisations de la société civile et des communautés locales. Cette diversité d’acteurs traduit l’importance stratégique accordée à l’alimentation scolaire comme levier de développement.
Relier le champ à l’assiette
Dans son intervention, la coordonnatrice du projet a mis en lumière la réalité des femmes rurales, premières bénéficiaires de l’initiative. Elle a évoqué ces productrices confrontées à l’incertitude climatique et aux difficultés d’accès aux marchés structurés.
L’ambition du projet est de créer un lien direct et organisé entre la production agricole locale et les cantines scolaires. Autrement dit, structurer un système où les récoltes issues des communautés rurales alimentent durablement les écoles de leurs propres localités.
Cette approche vise à sécuriser les débouchés des producteurs tout en garantissant aux élèves une alimentation plus saine et adaptée.
Les cantines scolaires, un levier pour l’éducation
Représentant le CIMAS, M. Amétépé a rappelé l’impact déterminant des cantines scolaires sur la fréquentation et la réussite des élèves. Les établissements bénéficiant d’un programme alimentaire enregistrent généralement une meilleure assiduité et une réduction des difficultés scolaires.
Au-delà de l’éducation, l’alimentation scolaire contribue à plusieurs objectifs de développement :
- lutte contre la pauvreté et la faim,
- amélioration de la santé,
- promotion de l’égalité des sexes,
- soutien à la croissance économique locale.
Investir dans les cantines scolaires revient donc à renforcer l’ensemble du système éducatif et social.
Un projet structuré sur 42 mois
Financé par le CRDI pour une durée de 42 mois (avril 2025 à septembre 2028), CRISP-UL Togo – Catalyzing Resilient, Inclusive and Sustainable Procurement Systems for School Food – ambitionne de mettre en place des modèles d’approvisionnement innovants, viables et inclusifs.
Le projet adopte une approche pluridisciplinaire associant sciences sociales, agronomiques et naturelles. Les activités de recherche-action seront déployées dans trois régions pilotes :
- Plateaux
- Kara
- Savanes
Au total, 180 écoles disposant de cantines scolaires ont été identifiées.
Des sites d’expérimentation seront installés afin de promouvoir :
- des pratiques agroécologiques,
- des jardins potagers scolaires,
- la production de bois-énergie et d’arbres fruitiers,
- l’élevage de volailles.
L’objectif est d’améliorer durablement la qualité et la disponibilité des repas servis aux élèves tout en soutenant les économies locales.
Sécurité alimentaire, climat et inclusion sociale
Dans son discours, le professeur Batawila a souligné que le projet se situe à l’intersection de trois enjeux majeurs :
- La sécurité alimentaire
- La résilience face aux changements climatiques
- L’inclusion sociale
Face aux perturbations climatiques et aux difficultés d’approvisionnement, il a plaidé pour des solutions intégrées, fondées sur la recherche scientifique et adaptées aux réalités locales.
L’atelier a également été marqué par la présentation des résultats d’une étude sur le genre et l’inclusion sociale (GIS), réalisée par Mme Djayouri N.
Cette étude constitue un socle stratégique pour le projet. Elle met en évidence les inégalités d’accès aux ressources, les contraintes spécifiques rencontrées par les femmes productrices et les groupes marginalisés, ainsi que les dynamiques sociales susceptibles d’influencer la réussite des réformes.
Des travaux de groupe ont permis aux participants d’approfondir l’analyse et de formuler des recommandations concrètes pour la mise en œuvre opérationnelle du projet. Ces échanges ont renforcé la coordination entre les différents comités techniques et consultatifs et validé les prochaines étapes du chronogramme.
Une université engagée pour le développement durable
À travers CRISP-UL Togo, l’Université de Lomé réaffirme son rôle d’acteur majeur du développement national. L’institution démontre sa capacité à produire des connaissances utiles, à éclairer l’action publique et à proposer des solutions concrètes aux défis socio-économiques du pays.
En créant un pont direct entre les producteurs locaux et les cantines scolaires, le projet ouvre la voie à un modèle plus résilient, plus inclusif et plus durable, au bénéfice des communautés togolaises et des générations futures.




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