Zoom sur les defis de l’enseignement superieur au Togo.

 

diplomes-africains_0Le monde universitaire du Togo compte deux (2) grands universités publiques notamment l’Université de Lomé et de Kara. A côté des deux grandes universités publiques foisonnent depuis quelques années des dizaines d’instituts d’enseignement privé.

Si certains sont agréés par l’Etat et reconnu par le CAMES, d’autres opèrent dans l’illégalité la plus totale avec le risque pour les étudiants de se retrouver avec un diplôme non-reconnu ou d’être contraints d’arrêter en cours d’étude en raison de la faillite de l’établissement.

Et donc pas toujours facile, pour les étudiants et leurs parents, de se retrouver face aux sirènes du marketing à chaque rentrée.

Selon le Conseil des établissements privés d’enseignement supérieur (CEPES), pour le compte de l’année 2015-2016, 40.000 étudiants sont inscrits, contre un peu plus de 60.000 dans les deux universités publiques (Lomé et Kara).

Une erreur de choix, et la sanction peut se révéler cruelle, car, plus tard munis des fameux ‘parchemins’, ils se retrouvent bloqués et contrariés à la phase de l’insertion professionnelle.

L’une des situations qui ont conduit le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Octave Nicoué Broohm à assurer une large diffusion médiatique de la dernière liste des établissements privés agréés auprès de son Département en fin de l’année dernière. Une cinquantaine au total sur toute l’étendue du territoire national.

Mais qu’en est-il réellement de la situation ? Les signaux sont-ils encourageants ? Les réformes en cours pour être au niveau des champions africains du secteur de l’Enseignement supérieur font elles leurs preuves ?

Le bilan après les états généraux

Même si certains trouvent la publication de la liste des écoles réellement agréées par le ministère en fonction de leurs filières comme pour « gâter leurs business » qui ont pignon sur rue avec un côté clinquant à coups de publicités, les bons élèves restent sereins.

Partenaire de l’Etat dans l’acte formation, traditionnellement dévolu à ce dernier, les établissements privés d’Enseignement supérieur au Togo constituent depuis plus de deux décennies déjà une possibilité d’étanchement d’une formation adéquate.

« Nous saluons avec joie cette publication sur les établissements privés, et la deuxième publication même a été faite sur notre demande. Il est important que le public soit informé, parce qu’il y avait un flou dans le passé. On ne savait pas qui faisait quoi et c’est ce que les états généraux ont permis de faire. Aujourd’hui je peux me venter en disant que les établissements privés sont sains », reconnait M. Marcel Akakpo, Directeur Général d’ESGIS.

Selon lui, l’on ne peut pas évoluer dans l’excellence si à un moment donné, on ne fait pas l’état des lieux pour corriger les choses et repartir sur de nouvelles bases afin d’offrir une formation cadrant avec les réalités du pays.

Au rang des initiatives pour amener le secteur à l’excellence et à former des cadres et techniciens qui répondent aux besoins de l’économie, il faut noter le Conseil Présidentiel pour l’Enseignement Supérieur, la Convention pour l’Excellence et la Valorisation de l’Enseignement supérieur au Togo (CEVEST), le Conseil des Établissements Privés d’Enseignement Supérieur (CEPES), et divers formations et cadres pour définir un certain nombre de  ‘’best practices’’.

Au vue de la reconnaissance de la qualité du système éducatif togolais, meilleure dans la sous-région. Une part donc importante est occupée par le privé pour former des cadres pour l’économie, et ce n’est pas seulement une particularité togolaise.

Pour information, les prochains états généraux auront pour thème, « les défis de l’excellence par les établissements d’Enseignement supérieur au Togo ».

Il s’agira principalement au cours de ces assises, d’autopsier ‘les conditions dans lesquelles les écoles privées évoluent, l’état de leurs matériels didactiques, et de voir si les formations cadrent avec les réalités du pays.’

L’assertion ‘dis-moi quel est ton diplôme, je te dirai quelle carrière tu feras’ qui était de mise il y a quelques années n’est plus d’actualité. Autant les chercheurs d’emplois sont nombreux autant les recruteurs sont plus rigoureux pour déceler les perles rares.

Une situation concurrentielle, source de désillusion quand, suite au parcours formatif, souvent onéreux dans le privé, certains jeunes se retrouvent sur le carreau. La raison souvent évoquée est l’inadéquation formation-emploi.

Pour une meilleure insertion dans la vie socioprofessionnelle, il faut tout simplement des établissements agréés par le CAMES et reconnus par l’Etat.

Adéquation  formation-emploi, l’autre énigme

Une situation critique et pathétique qui amène beaucoup plus d’un à se poser la question de savoir si,  l’inadéquation formation-emploi est le seul élément à remettre en cause quand on sait que même les étudiants sortis des universités publiques en souffre également.

A cette question, Marcel Akakpo généralise et parle de l’enseignement dans le publiques, ce qu’il juge de doctrinal.

 « C’est une question très épineuse, l’insertion professionnelle, mais faut-il noter qu’elle ne concerne pas uniquement les universités privées à mon humble avis. Les universités publiques ont aussi leur responsabilité, car, souvent, elles forment des étudiants avec des enseignements doctrinaux, alors que les privés sont plus dans l’enseignement axé sur la vie professionnelle » a-t-il indiqué.

Certes, il y a les aspirations, le goût, mais les aptitudes de l’étudiant et les débouchés professionnels sont importants à prendre en compte. Et cela passe par une bonne orientation, et une valorisation de soi-même selon ses objectifs.

Il est souvent déplorable de lire des réponses négatives selon lesquelles le manque de budget les empêche d’offrir des stages même non-rémunérés aux étudiants. Le secteur privé doit nous aider à entrainer nos formés sur le plan pratique-stage, pour une immersion professionnelle lors de ces stages. Un point incontournable dans le professionnalisme.

« Le soutien des entreprises privées. Nous lançons un appel au patronat et aux entreprises de nous aidé, car, la formation n’incombe pas seulement aux écoles, mais aussi aux entreprises du pays. Une franche collaboration du patronat ou des entreprises, pourrait régler pas mal de choses, et ainsi le problème de l’insertion professionnelle », lance-t-il comme appel.

Modeste K.

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