Cinquantenaire de l’EAMAU : de la création aux festivités de 2026
Du 12 au 16 octobre 2026, l’École africaine des métiers de l’architecture et de l’urbanisme (EAMAU) célèbre à Lomé son cinquantenaire, sous le thème « 50 ans d’excellence au bénéfice des villes et territoires d’Afrique ». Installée dans la capitale togolaise, cette institution inter-États a formé en cinq décennies plus de 2 600 architectes, urbanistes et gestionnaires de la ville. Ce jubilé d’or est l’aboutissement de plusieurs mois de préparation, entamée dès le début de l’année 2026, et il se poursuivra en novembre par un colloque international.
1975-1976, une école née d’une vision de chefs d’État
L’EAMAU voit le jour en 1975, par une résolution du sommet des chefs d’État de l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM). Cette décision fait suite à une étude de l’UNESCO, qui avait établi la nécessité d’une institution de formation en architecture et en urbanisme au profit d’États africains en pleine croissance urbaine.
L’école accueille ses premiers étudiants en 1976. Son directeur général actuel, le Dr Malam Boukar Awa Krou, résume la logique de cette création : les dirigeants de l’époque avaient compris que le développement de l’Afrique ne pouvait se faire sans compétences endogènes dans des domaines clés comme l’architecture, l’urbanisme et la gestion urbaine.
De 14 à 15 États membres
Au fil des années, l’EAMAU est devenue une école de référence pour la formation des cadres de la ville. Sa mission est de former des architectes, des urbanistes et des gestionnaires urbains, mais aussi de favoriser le recyclage et le perfectionnement de ses anciens diplômés. L’offre actuelle de formation initiale s’organise en quatre filières : architecture, urbanisme, gestion urbaine, et transport et mobilité, avec des diplômes de licence, de master et de doctorat.
L’établissement regroupait jusqu’ici 14 pays africains. En décembre 2024, lors d’un conseil d’administration réuni à Lomé, le ministre togolais de l’Enseignement supérieur, Kanka-Malik Natchaba, soulignait que l’école avait atteint « l’âge de la maturité », avec 49 ans d’existence.
L’année 2025 a ensuite été celle d’une première année pleine pour la direction actuelle. Dans un discours prononcé le 1er mai 2025, le Dr Malam Boukar Awa Krou a rappelé les chantiers engagés depuis sa prise de fonction :
révision des textes fondateurs,
normalisation de l’année académique,
organisation de colloques,
plan stratégique de développement
et création d’une école doctorale.
Le bilan de l’année, présenté en janvier 2026, y ajoute le passage à un budget annuel par plan de travail, le passage au « tout numérique », la création d’une Cellule d’Appui Pédagogique et l’organisation d’un forum sur l’habitat d’urgence francophone.
Le cycle du cinquantenaire
La 43ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration de l’EAMAU s’ouvre à Lomé le 12 janvier 2026 avec la réunion du comité des experts, avant la session ministérielle du mercredi 14. Elle se tient, dans un contexte marqué par la célébration prochaine du cinquantenaire.
Les ministres et experts des États membres y valident les rapports d’activités et financiers, adoptent le budget 2026 et définissent de nouvelles orientations stratégiques pour renforcer la gouvernance de l’école. Ils examinent aussi la réforme des textes statutaires, destinée à améliorer les conditions sociales et académiques du personnel et des étudiants.
Le bilan de la session est de dix décisions, trois résolutions et deux motions de remerciements. Parmi les décisions figure l’ouverture d’une école doctorale. Côté résolutions, la plus marquante est l’adhésion officielle du Burundi, qui devient le 15ᵉ État membre. La présidence du Conseil d’administration est confiée à la République du Mali.
Le président du Conseil, le ministre nigérien de l’Enseignement supérieur, le Pr Mamadou Saidou, a invité les partenaires à projeter l’EAMAU dans son second demi-siècle « avec ambition et détermination ».
Le Comité d’organisation du cinquantenaire est installé
Le vendredi 27 février 2026, à 9 h, la salle JSA du bloc pédagogique de l’EAMAU accueille la réunion d’installation du Comité d’organisation du cinquantenaire. Cette rencontre vise à planifier et coordonner les activités du 50ᵉ anniversaire. Ce comité d’organisation est présidé par Djeguema Koffi.
Le vendredi 17 juillet, l’EAMAU tient à Lomé une conférence de presse consacrée au cinquantenaire. C’est là que les dirigeants de l’institution dévoilent le programme des festivités d’octobre et de novembre.
Le thème retenu est « 50 ans d’excellence au bénéfice des villes et territoires d’Afrique ».
Les festivités sont lancées dans la rue deux jours avant l’ouverture de la semaine officielle. Le samedi 10 octobre, une caravane de sensibilisation part de l’EAMAU et sillonne la capitale. Elle traverse notamment le carrefour 3K, Novissi, Hédzranawoé, Nukafu, Gakpoto, Fiata, Dékon, Hanoukopé, Nyékonakpoè, Casablanca, Atikoumé, Adidogomé, Avédji, Agoè-Assiyéyé et Gbossimé, avant de revenir à son point de départ.
L’objectif est de faire connaître l’école au public togolais. Le chargé de communication et des relations publiques, le Dr Danklou Junior, explique que l’établissement reste peu connu d’une partie de la population malgré son ancienneté, car sa vocation initiale était de former des élites sans chercher la visibilité auprès du grand public.
Il présente aussi les festivités comme l’occasion de rendre hommage à ceux qui ont contribué au maintien et au développement de l’institution, de faire le bilan de ses réussites et de ses difficultés, et de réfléchir aux 50 prochaines années.
La semaine festive et mémorielle
Le premier temps fort du cinquantenaire occupe cinq jours, du lundi 12 au vendredi 16 octobre. Présentée comme une « rentrée historique », cette semaine est conçue comme une immersion dans les racines de l’école. Les diplômés venus de tous les pays membres sont attendus à Lomé pour partager leurs expériences, leurs témoignages de terrain et leur regard sur les défis actuels des métiers de la ville.
Les sources consultées décrivent un programme à plusieurs volets :
- une exposition majeure consacrée à l’évolution de l’architecture, de l’urbanisme et de la gestion urbaine en Afrique ;
- une cérémonie d’hommage aux pères fondateurs et aux personnalités qui ont contribué à la création et au développement de l’école ;
- des panels sur les grands défis actuels de l’architecture et de l’urbanisme, ainsi qu’un vernissage ;
- des activités interculturelles, des présentations de gastronomie traditionnelle, des rencontres sportives et des jeux ;
- une visite touristique.
Les échanges doivent notamment porter sur les villes durables, la résilience énergétique et l’adaptation au changement climatique. Pour le Dr Danklou Junior, ces réflexions doivent donner aux étudiants des outils pour comprendre les défis auxquels les villes sont confrontées et y répondre.
Le colloque international sur les villes durables
Le second temps fort tourne la célébration vers la réflexion scientifique. Du 10 au 12 novembre, l’EAMAU organise un colloque international intitulé « L’urbanisme saisi par le territoire », ouvert aux experts, chercheurs, professionnels et au grand public.
Les participants débattront des défis des villes africaines : inondations récurrentes, mobilité urbaine et hausse du coût du foncier. Des ateliers thématiques compléteront les débats, avec pour but de poser les jalons de la ville africaine durable.
Entre l’ouverture de l’école à Lomé en 1976 et la semaine festive de 2026, l’EAMAU a changé d’échelle : de quelques promotions fondatrices à plus de 2 600 diplômés, de 14 à 15 États membres, d’un cursus de formation initiale à une offre qui va jusqu’au doctorat. Le cinquantenaire sert à la fois de bilan et de feuille de route, avec un plan stratégique à élaborer et une école doctorale à mettre en place.











Laisser un commentaire
Rejoindre la discussion?N’hésitez pas à contribuer !