Togo : vers une meilleure reconnaissance des formations courtes
Le Togo prépare une prochaine étape dans la promotion des compétences professionnelles. Le gouvernement s’emploie à mettre en place un mécanisme national de certification des formations de courte durée (FCD), destiné à faciliter la reconnaissance des qualifications acquises par les apprenants et à renforcer leur employabilité.
Depuis son lancement en 2021, cette initiative a permis de former plus de 3 000 personnes. Selon les données fournies par le ministère de l’Éducation nationale, plus de 80 % d’entre elles auraient trouvé un emploi. Pour tirer parti de ces résultats, les autorités prévoient désormais de mettre en place un système visant à certifier officiellement les compétences acquises et à les rendre plus transparentes aux yeux des employeurs.
Un cadre articulé autour de cinq instruments
Dans cette perspective, un atelier national s’est tenu à Lomé le 29 octobre 2026. La rencontre a mobilisé plusieurs acteurs, notamment des représentants de l’administration publique, des organisations patronales, des structures de formation ainsi que des partenaires techniques et financiers. Les travaux se sont déroulés sous la présidence du ministre de l’Éducation nationale, Mama Omorou.
L’objectif principal était d’examiner et de valider sur le plan institutionnel les différents outils devant encadrer le processus de certification. Cinq instruments sont ainsi prévus : un processus de certification, un modèle de certification, un guide d’évaluation, un manuel de procédures et un référentiel de certification.
Ces documents doivent servir de base commune aux différentes structures impliquées. Leur validation permettra notamment d’uniformiser les méthodes d’évaluation, de clarifier les rôles des institutions et de garantir davantage de cohérence dans la délivrance des certifications.
Le dispositif cible particulièrement les jeunes, les femmes et les personnes issues de groupes vulnérables, pour lesquels l’accès à une qualification professionnelle reconnue constitue un levier important d’insertion économique.
Sa mise en œuvre bénéficie du concours de plusieurs partenaires, dont la coopération allemande à travers la GIZ, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et le Fonds national d’apprentissage, de formation et de perfectionnement professionnels (FNAFPP).
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions engagées par les pouvoirs publics. En mai 2026, le gouvernement avait déjà adopté un schéma directeur consacré aux formations de courte durée. Ce document définit les grandes orientations du secteur jusqu’en 2035, avec pour ambition de mieux structurer les offres de formation et de les rapprocher des attentes du monde professionnel.
Répondre aux défis de l’emploi des jeunes
La réforme intervient alors que l’insertion professionnelle demeure une préoccupation majeure au Togo. Les difficultés d’accès au marché du travail touchent particulièrement les jeunes, y compris ceux qui disposent déjà d’un diplôme. Une enquête d’Afrobarometer publiée en juin 2025 indiquait que 46 % des jeunes Togolais âgés de 18 à 35 ans interrogés étaient sans emploi et en recherche active de travail.
Dans ce contexte, la certification des formations de courte durée apparaît comme un moyen de mieux valoriser les compétences pratiques et professionnelles acquises en dehors des parcours académiques classiques.
Inscrite au programme 10 de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, cette initiative ambitionne de permettre aux bénéficiaires de faire reconnaître leurs qualifications auprès des entreprises et au-delà des seuls établissements dans lesquels ils ont suivi leur formation. Un enjeu essentiel pour faciliter leur mobilité professionnelle et améliorer leurs perspectives d’emploi.



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