L’intelligence artificielle au service des peuples : Genève accueille le premier dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA
Aucun pays ne peut, à lui seul, relever les défis et saisir les opportunités liés à l’intelligence artificielle. C’est cette prise de conscience qui a conduit l’Assemblée générale des Nations unies à créer un nouveau forum de discussion : le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA. Sa toute première session se tiendra les 6 et 7 juillet 2026 au centre de congrès Palexpo à Genève.
Un mandat des Nations unies
Ce Dialogue n’est pas né du jour au lendemain. Il découle de la résolution A/RES/79/325, adoptée par l’Assemblée générale en août 2025, qui s’appuie elle-même sur le Pacte numérique mondial adopté lors du Sommet de l’avenir en 2024. Ses origines remontent en réalité à 2023, lorsque le Secrétaire général des Nations Unies a mis en place un groupe consultatif de haut niveau sur l’IA chargé d’étudier les moyens de renforcer la coopération internationale dans ce domaine.
Le Dialogue est coprésidé par deux personnes nommées par le Président de l’Assemblée générale : Egriselda López, représentante permanente du Salvador, et Rein Tammsaar, représentant permanent de l’Estonie. Il est soutenu par un secrétariat conjoint composé de l’Union internationale des télécommunications (UIT), de l’UNESCO, du nouveau Bureau des Nations unies pour les technologies numériques et émergentes (ODET) et du Cabinet du Secrétaire général.
Contrairement à d’autres instances, ce Dialogue n’a pas vocation à produire des textes contraignants. Il s’agit plutôt, selon ses organisateurs, d’un espace politique pour construire une compréhension commune, à l’image du Forum sur la gouvernance de l’Internet (IGF). Chaque session se conclura par une synthèse des co-présidents, une formule pensée pour permettre à chaque État de participer sur un pied d’égalité, sans les contraintes d’une négociation formelle.
Sept thématiques, quatre grands axes
La résolution fondatrice a identifié sept domaines prioritaires :
- la sécurité et la fiabilité de l’IA,
- le renforcement des capacités,
- les implications sociales, économiques, éthiques, culturelles, linguistiques et techniques de l’IA,
- l’interopérabilité des approches de gouvernance,
- la protection des droits humains,
- la transparence et la supervision humaine,
- les logiciels, données et modèles d’IA ouverts.
Pour rendre les échanges plus lisibles, ces sept domaines ont été regroupés en quatre grands axes de discussion :
- les opportunités et impacts de l’IA sur les plans sociétal, culturel, économique et technique ;
- une IA sûre, sécurisée et digne de confiance ;
- les droits humains et la supervision humaine ;
- et enfin le développement des capacités.
Un mot revient souvent chez les organisateurs, celui de dialogue des dialogues. Rein Tammsaar résume l’ambition ainsi : alors que de nombreuses discussions sur la gouvernance de l’IA se tiennent déjà un peu partout dans le monde, aucune plateforme ne permettait jusqu’ici de les faire converger avec la légitimité et la portée universelle des Nations unies.
Une semaine numérique dense à Genève
Le Dialogue s’inscrit dans une Semaine numérique particulièrement chargée. Il précède immédiatement deux autres grands rendez-vous : le Sommet mondial AI for Good, organisé par l’UIT du 7 au 10 juillet, et le Forum du Sommet mondial sur la société de l’information (WSIS), qui se tient du 6 au 10 juillet. Une seule accréditation média permet d’ailleurs d’accéder aux trois événements.
En marge de cette séquence, un AI for Good Global Commission vient d’être lancé le 2 juillet 2026, rassemblant plus de quarante membres fondateurs, dont des chefs d’État, des dirigeants d’entreprises technologiques et des responsables d’agences onusiennes, pour définir des pistes concrètes permettant d’élargir l’accès à l’IA et de renforcer la confiance envers cette technologie.
Les débats du Dialogue s’appuieront notamment sur le rapport préliminaire du Panel scientifique international indépendant sur l’IA, créé par la même résolution des Nations unies, dont la mission s’apparente à celle du GIEC pour le climat : offrir une base scientifique partagée aux décideurs.
Une deuxième session est d’ores et déjà programmée. Elle se tiendra à New York en mai 2027, en marge du Forum multipartite sur la science, la technologie et l’innovation au service des objectifs mondiaux. Le Dialogue est ainsi conçu comme un mécanisme récurrent, et non comme un événement isolé.












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