Parcours après BAC : universités ou écoles des métiers?

On constate généralement que la plupart des bacheliers ont tendance à poursuivre les études dans les universités classiques et sortir avec des connaissances théoriques alors qu’ils peuvent tenter leurs chances dans d’autres écoles où ils pourront sortir avec de la pratique d’un métier pouvant leur permettre de se prendre en charge, voire créer de l’emploi. Ce phénomène est dû à diverses causes parmi lesquelles nous citons le manque d’informations et le manque de moyens financiers.

Le but de cet article n’est ni de proposer une stratégie de communication exhaustive nécessaire pour la sensibilisation, ni de donner des moyens financiers ou des sources de financement aux nouveaux bacheliers pour qu’ils s’inscrivent aussi dans des écoles professionnelles. Il s’agit de susciter le débat et d’éveiller le lecteur à ce fait social et pousser les concernés, qui qu’ils soient, à changer de paradigmes et à penser faire les choses autrement.

Traditionnellement, la joie du bachelier semble n’être complète que quand les pieds du lauréat foulent le campus universitaire (université classique) ; car, c’est peut-être ici que ce dernier s’auréole du titre d’étudiant en espérant jouir de tous les privilèges réservés à son nouveau statut… Des cours théoriques, quelques années plus tard, avec ou sans diplômes, on se surprend en quête d’emploi avec probablement un savoir, difficilement un savoir-faire et radicalement sans savoir-être… Le parcours universitaire, sans être la voie royale génératrice d’emplois, encore moins, de revenus, est noble. Cette « nébuleuse » noblesse, très sélective d’ailleurs, ne devrait tout de même pas boucher l’avenir aux milliers de bacheliers à qui s’offrent moult possibilités après le bac : des parcours professionnels dans des métiers aussi nobles les uns que les autres (haute-couture, modélisme, stylisme, esthétique, décoration, arts…) existent qui se sanctionnent aussi par des grades universitaires. Malheureusement, peu sont éveillés à ces opportunités dorées, où l’on forme directement, entre autres, aux métiers susmentionnés. A ceux qui sont informés, se pose le crucial problème du nœud de la guerre. Ainsi, beaucoup ignorent certainement ces opportunités alors que peu en ont probablement les moyens. Que faire ?  

Ceux qui les ignorent ont d’arguments objectifs, mais ont-ils raison ?

Laissons-nous guider par un principe : « l’ignorance n’est pas une excuse » ; ce principe, dans sa version juridique, pourrait être remplacé par cette célèbre phrase : « Nul n’est censé ignorer la loi ». Le futur bachelier sérieux devrait s’exercer à réfléchir honnêtement sur la suite à donner à son parcours éducatif et rechercher des informations allant dans ce sens.  Cela pourrait déjà susciter des curiosités, mais aussi des questionnements pouvant permettre de faire autre chose ou de faire les choses autrement et sortir du lot. Aux côtés des efforts personnels des étudiants, les parents doivent prendre leurs responsabilités en tant que premières figures d’autorité à qui incombe aussi la responsabilité de se renseigner et de renseigner le bachelier, sans injonctions qui cachent mal l’intention de voir les progénitures concrétiser des actes manqués ou de réaliser certains rêves restés en instance de réalisation. Les autres parties-prenantes ou acteurs (les écoles des métiers, les services d’orientation en général et ceux des universités classiques en particulier) concernés par cette problématique doivent également jouer leurs partitions surtout en ce qui concerne l’information. Il va falloir intensifier la sensibilisation des principales cibles concernées (lycéens, parents, étudiants…) à temps.

Ceux qui n’ont pas les moyens ont eux-aussi des arguments pertinents à brandir, mais est-ce une fatalité ?

Il va falloir innover pour fiancer les écoles professionnelles qui coûtent, avouons-le, très chères. Les intéressés doivent explorer toutes les possibilités de bourses ou d’aides (nationales ou internationales) afin de se donner des chances. Parlant d’innovations, divers mécanismes existent qui peuvent être appliqués par lesdites écoles pour soulager ou encourager les étudiants à choisir ces écoles de métiers.

Trop d’étudiants remplissent chaque année les amphis universitaires à tort ou à raison ; ce qui participe de la fabrication des chômeurs tous les ans. Le choix des filières professionnels peut contribuer à la résolution de ces problèmes. Nous venons de poser tout simplement le problème et de susciter le débat, mais aussi de sensibiliser légèrement les parties-prenantes, chacun à son niveau, à penser faire autrement afin de contribuer à la réflexion sur le décongestionnement des universités classiques, sur la formation des créateurs d’emplois et la résorption du chômage.

Universités ou écoles des métiers, il nous faut d’une part, des amphis pour transmettre du savoir et produire des penseurs ; et d’autre part, des ateliers pour transmettre du savoir et du savoir-faire aux professionnels pour qu’ils exercent un métier, en attendant un centre officiel entièrement dédié à l’initiation au savoir-être.

KAVEGE K. Mawuko Mishel

Stratège en Communication des Entreprises et en Marketing Management.

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